Le dico argot-foot du professeur Migeon (Part 18).


Gérard Migeon traîne une drôle de réputation sur un terrain. Considéré comme un cave dans ses bois, le prince de la toile est un cador des vestiaires. Un fondu de la langue française qui travaille à la craie. « La Mige », son surnom dans la famille du ballon rond, connaît tout des rouages du football: ses vertus, ses vices et les petites formules qui fleurissent au ras du gazon. Le « Titi parisien » de Longjumeau décrypte et flingue le dictionnaire du foot, celui du temps des grandes heures, sur le tableau noir. Avec sa gouaille et sa moustache malhonnête, notre fine gâchette prend la plume et passe au vitriol les expressions du milieu. Et faut reconnaître, c'est du brutal ! Avis aux non-initiés.

ETRE EN TRAVERS :
Se dit d'une équipe qui rate son match. Ex : Les autres jouaient sur la longueur du terrain et nous sur la largeur...
  • « Excusez-moi, Monsieur, mais je crois que vous êtes garés en travers... de porc ». (L'hôtesse d'accueil d'un Buffalo grill).
  • « Nous partîmes à onze comme des fou-fous et arrivâmes à deux sur les rotules à l'entrée de la Rade. Une saison en travers, quoi ». (Les joueurs du Stade Brestoa après la relégation du club breton).
  • « Moi aussi je partais tout le temps de travers, ça m'a pas empêché de faire une carrière honorable. Oui ou bien? » (Jean Alesi, en délicatesse avec ses freins).
- Le cas en image -

Un gars assis normalement sur le cul (Jean-Marc Pilorget) et un gars en travers (Alain Polaniok) à l'époque du Paris St Germain (1988).

BOHEMIANS PRAHA 1982-83.


TJ BOHEMIANS ČKD PRAHA 
1982-83

En médaillon : Tomáš Pospíchal (ent.).

En haut : Josef Hrabovský, Peter Zelenský, Miroslav Příložný, Jiří Ondra, Tibor Mičinec, Zdeněk Koukal.

Au milieu : Jaroslav Típek (pdt), Josef Zadina (ent. adj.), Jiří Sloup, Stasnislav Levý, Jaroslav Marčíc, Vladimir Hruška, Jiří Doležal, Pavel Chaloupka, Ivan Balvín (soigneur), Zdeněk Zvoboda (secrétaire).

En bas : Milan Čermák, Zdeněk Prokeš, František Jakubec, Vladimír Borovička, Zdeněk Hruška, Jan Poštulka, Přemysl Bičovský, Jaroslav Němec, Dušan Herda.

Stadium view. DOLICEK.


Stade : DOLICEK. 
Lieu : PRAGUE. 
Pays : RÉPUBLIQUE TCHÈQUE. 
Club résident : BOHEMIANS 1905. 
Année : avril 2013. (photos : SR).

C'est par la ligne 22 depuis I.P Pavlova, à quelques pas du centre historique de la capitale de la République tchèque (mon point de chute durant mon séjour à Prague), que le tram vous dépose au pied de la vieille enceinte des Kangourous, après cinq-six stations et un petit quart d'heure de transport. Ďolíček, l'antre des Bohemians 1905, survit tant bien que mal à l'usure du temps. Situé à l'Est de la ville, dans ces quartiers oubliés par les touristes, surveillé par les bébés de la tour de retransmission Žižkov, dernier vestige de l'époque communiste construite à la fin des années 80 qui se dresse au Nord sur Vinohrady, et coincé entre le parking du stade, sorte de terrain vague bosselé, des cours de tennis et les immeubles de la Sportovni, la rue qui descend rejoindre Vršovická, l'adresse du siège, l'enceinte des Verts est en sursis depuis quelques temps déjà. Usé par le poids des ans, épargné par les vagues de rénovation, Ďolíček vivote et se repose sur sa gloire d'antan, les 18.000 spectateurs serrés comme des sardines dans les travées, qui nous ramène à trois décennies en arrière. Les Kangourous - Koklani en langage local - remportent le championnat tchèque, le seul et unique inscrit au palmarès du club à ce jour (1982-83), et mènent en parallèle une épopée en coupe UEFA, éliminés en demi-finale par le futur vainqueur Anderlecht. Dundee Utd, Servette de Genève et Admira Wacker sombrent chacun leur tour dans ce vaisseau de poutrelles métalliques et de bancs en bois. C'est ici, par un froid mercredi après-midi de novembre 82, que les Verts de Saint-Etienne perdent leurs dernières illusions européennes, fessés par onze Bohemians galvanisés par un public en transe. Aujourd'hui, la maison des Kangourous est sous respiration artificielle, entretenu grâce aux dons et la passion dévorante d'un collectif de supporters qui se bat pour la restauration et la réhabilitation d'un bâtiment en perdition, lequel vient de fêter ses 81 printemps et quelques dents en moins.

  • Quand on dit Ďolíček, tout le monde sait que l'on parle des Bohemians. Et quand on parle des Bohemians, les gens pensent immédiatement à Ďolíček. (Antonin Panenka).

Ďolíček a guère connu de changements depuis son inauguration le 27 mars 1932. Bohemka (c'est l'autre surnom du club) accueille pour l'occasion le rival local Slavia Prague. Une dizaine de milliers de spectateurs assistent à l’événement et se pressent aux guichets de la nouvelle enceinte initialement baptisée Dannerův. Les supporters préférant Ďolíček, le premier stade du Bohemians à ses débuts en fait, le nom est ainsi resté. Et devenu un patrimoine pour une poignée de fidèles qui travaille à la préservation du site, souvent menacé de destruction dans son histoire. Comme au sortir de la Seconde Guerre, vers 1946-47, lorsque la commission du plan d'État décide de changer la physionomie du quartier de Vršovic. Ďolíček passe à deux doigts du rasage intégral, mais fait toujours partie du décor. Et connait même une première petite révolution au début des années 1970 avec la construction d'une tribune principale, laquelle abrite des cabines de presse qui paraissent ne pas avoir beaucoup évolué depuis lors. Le temps semble s'être arrêté à Ďolíček, victime des plus folles rumeurs en 2010, lorsqu'un groupe de promoteurs immobilier entend faire du stade un centre commercial. Une nouvelle attaque contre un monument du football pragois qui provoque l'ire et la gronde des supporters locaux, des fans du Slavia également et d'autres équipes. Une horde d'ultras, de papys et mamies, jeunes et moins, réunis en association pour sauver un chef d'œuvre en péril plus vraiment conforme au règlement de la ligue tchèque. La Bohemka est même obligée de déménager à 1 kilomètre de là, au stadion Eden, chez son rival du Slavia, si elle veut évoluer en première division. Sauvé in extremis de la destruction, Ďolíček fait peau neuve grâce au soutien de son collectif créé pour sa défense. L'enceinte peut accueillir aujourd'hui 6.500 spectateurs. Une capacité à minima à cause de la pose de sièges pour des raisons de sécurité (places assises obligatoires). L'association se bat aussi actuellement pour récolter des fonds en vue d'installer une pelouse chauffée. Un projet de rénovation complète est également en cours de réflexion. Pendant ce temps, Ďolíček tient toujours debout, ouvert à tous les vents, où résonne encore sous la tribune d'honneur qui abrite la boutique officielle du club, l'écho des folles soirées européennes et des exploits en championnat. La vitrine, et le musée des Bohemians en quelque sorte. Un sentiment partagé par Antonin Panenka. L'ancienne gloire des Bohemians (treize saisons de 1968 à 81) considère le stade qui l'a vu éclore comme le centre de vie du club. Son cœur et son poumon. Des organes vitaux qu'il faut à tout prix conserver, pour la mémoire et l'identité bohemka. « Ďolíček appartient définitivement au club, et les Bohemians appartiennent à Ďolíček, revendique le tireur de pénalty. Le club est installé ici depuis plusieurs décennies. Depuis le début, il n'y a qu'une équipe, les Bohemians, qui jouent ici. Les Bohemians ont toujours joué là et j'espère qu'ils continueront de s'y produire. Tous ceux qui appartiennent au monde du football tchèque savent ce que Ďolíček représente. Quand on dit Ďolíček, tout le monde sait que l'on parle des Bohemians. Et quand on parle des Bohemians, les gens pensent immédiatement à Ďolíček. L'un ne va pas sans l'autre, un peu comme des jumeaux. »


Liens :
Comité de soutien : Ďolíček.
Plus de photos : vintage football club & panini haircut band.

IFK HASSLEHOLM 1973 (section féminine).


IKK HASSLEHOLM 1973.
La première équipe championne de Suède. 
Entraîneur : Bjorge Martinsson.

MATCH REPLAY. Le jour où... l'Italie organise la première édition du mondial féminin.

En une douce nuit de juillet 1970 dans l'enceinte du stadio Comunale de Turin, Elena Schiavo pleure toutes les larmes de son corps. « C'est de ma faute, ne cesse t-elle pas de marteler entre deux sanglots, c'est de ma faute si nous ne sommes pas championnes du monde mais seulement vice-championnes, comme Riva et Mazzola ». En effet, le pendant féminin des deux stars du calcio suit un trajectoire parallèle à celle de la Nazionale, défaite quelques jours plus tôt par le Brésil de Pelé au Mexique. Elena, qui avait la balle d'égalisation au bout du pied à l'heure de jeu, rate le pénalty qui aurait permis à son équipe de revenir à la hauteur de son adversaire du soir, le Danemark, qui profite de la malchance des Italiennes pour faire le break à deux minutes du coup de sifflet final, et conquérir du même coup le titre mondial à l'occasion de la première édition de la coupe du monde de football féminin. L'Italie a perdu sur le terrain, corrigée par des Danoises réalistes qui laissent Elena Schiavo seule avec son chagrin, mais gagné son pari sur le plan de la médiatisation de l'évènement suivi massivement par un public chaleureux durant une dizaine de jours (du 6 au 15 juillet).

Ce qui rend Elena si triste, c'est ce sentiment de la fierté nationale. En effet, la « Coppa del mondo », comme on l'appelle dans la Botte, est organisée chez elle, dans son pays où le foot est une religion. Et même si elle n'a rien d'officiel puisque la compétition n'est pas reconnue par les machos de la FIFA, persuadés que son sport se joue uniquement avec du poil aux pattes, le premier mondial de football féminin suscite malgré tout la curiosité des observateurs et des (nombreux) spectateurs présents dans les stades désignés pour accueillir la fête (Gênes, Bologne, Milan, Bari, Salerne, Naples et Turin). Née de la volonté d'hommes d'affaires principalement italiens, lesquels dirigent la FICF (la fédé italienne de calcio féminin), et rejoints par d'autres fédérations internationales (Autriche, Suisse, Allemagne, Angleterre, Mexique), toutes ces nations étant regroupées au sein de la FIEFF (la fédé internationale et européenne de foot féminin), la compétition accueille huit nations - les pays cités plus haut et un nouveau venu, la Tchécoslovaquie, qui déclare forfait par la suite - divisée en deux groupes. La finale, qui revient donc aux joueuses scandinaves, se déroule à Turin devant 40.000 à 50.000 spectateurs selon les témoins présents. Le chiffre officiel est de 26.000 billets vendus pour le match. Des petits malins ont en fait réussi à passer à travers les barrages et les cordons de sécurité. Les autres rencontres se sont déroulées quant à elles devant une affluence moyenne de 10.000 spectateurs. L'attrait de voir de jolies jambes dénudées ou la curiosité d'assister à la naissance d'un nouveau spectacle non dénué de charme ? Ce premier mondial au féminin est une réussite économique et sportive pour les organisateurs.

Une petite consécration pour la pratique (la FIFA mettra cependant 20 ans pour reconnaître le statut du football féminin avec l'organisation officielle d'une 1ère coupe du monde en 1991 accueillie par la Chine) qui ne reste malheureusement pas au goût de tout le monde. Certains dirigeants des pays présents contestent en effet le déroulement du tournoi et la logique mercantile des organisateurs, lesquels ne sont pas des hommes d'affaires sans penser chiffres et profits. L'embrouille concerne le tirage au sort des demi-finales. L'Italie tombe sur les Danoises. Or, étant considérée comme la meilleure équipe européenne à l'époque, les organisateurs ont misé sur une finale Danemark-Italie pour amasser du gain. Ils invalident le tirage dans la foulée, et décident de manière arbitraire du choix des rencontres. L'Italie récolte la modeste sélection suisse tandis que l'Angleterre est opposée aux Danoises. Tollé des dirigeants suisses et anglais qui reste sans écho. La finale opposera l'équipe locale aux meilleurs joueuses de la vieille Europe. La première coupe du monde de football féminin vient à peine de naître qu'elle utilise déjà les vieilles recettes et les petits arrangements entre amis du modèle masculin.

A lire : 
Histoire du football féminin en Europe (Xavier Breuil - Nouveau monde éditions - 24€)

Hou les chochottes !

PSG : Paris Sales Gueules !


PSG : PARIS SALES GUEULES.
Debout : Joey Ramone, Keith Richards, Sid Vicious, Joe Strummer, Lemmy Kilmister, Iggy Pop.
Accroupis : Daniel Darc, Lux Interior, Nick Cave, Morrissey, Ian Curtis.

Depuis l'arrivée des Quataris au PSG, les critiques pleuvent sur le club de la Capitale. Trop de fric, trop d'arrogance de la part des joueurs et des dirigeants. Paris suscite la haine des journalistes et supporters de Province qui préfèrent, drôle de paradoxe, prendre leur pied avec les grandes équipes européennes - Barça, Real, Manchester United, pour ne citer qu'elles - dont chacun sait qu'elles ne survivent uniquement grâce à l'aumône de leurs fans. PSG, c'est sale, malsain et pourri dégueulasse comme un épisode de Dallas.

Bon, le Vintage Football Club est plutôt d'accord sur le fond - against modern football - mais moins sur la forme avec les arguments avancés par les détracteurs du futur champion de France 2013. Pour contrer ces interminables débats sur la puissance financière du Paris St Germain, le VFC a décidé de lancer une OPA sur le club de la ville-lumière afin de réhabiliter son image auprès du public. Du football de gauche, parce qu'il n'y a pas que Dhorasoo qui détient le monopole du cœur et du foot populaire, voir anarcho-révolutionnaire et le drapeau noir qui flotte derrière la main courante. Pas de président, mais un club autogéré où chaque décision est soumise au vote à la majorité (à la manière de la démocratie corinthiane) telles les mises aux verres (!!!) avant les matches par exemple. Pour jouer le rôle du modérateur-manager-recruteur de l'équipe, car il en faut bien un pour gérer ces esprits rebelles, le VFC a laissé carte blanche à Patrick Eudeline, le critique-rock caché derrière ses lunettes noires, afin de monter une formation équilibrée et homogène. L'esprit de groupe avant tout, le meilleur remède pour la lutte finale et en découdre sur le pré. Voici donc le PSG new-look et sa nouvelle dénomination : Paris Sales Gueules ou Punky Saint Germain. Le VFC a même repris contact avec le sponsor historique du club : R.T.L. (Rote Ton Litre). Pas mal pour la troisième mi-temps, un peu moins élégant au micro de Paganelli pour les interviewes d'après-matches. Présentation du team-band le plus sexy du championnat de France. Et comme les Quataris (comme quoi les grandes idées sont bonnes à prendre partout ou presque), on a pris le meilleur du meilleur et très souvent vers l'Étranger. L'internationale quoi. 

A l'instar de l'ex-portier de Liverpool Bruce Grobbelaar, Iggy Pop tient les bois. Comme le moustachu volant, l'Iguane se plaît à se tortiller sur sa ligne et chauffer l'assistance par ses provocations en tous genres. Seul hic, Iggy n'aime pas porter de maillot et provoque souvent l'ire de l'arbitre qui refuse de siffler le coup d'envoi. Une défense de (croix) de fer avec Lemmy Kilmister en libéro. Le patron de l'équipe. Sa tour de contrôle. Avec lui, rien ne passe (tâcles au niveau de la carotide et mauvais coups à foison). Un grand saigneur des terrains. Devant lui, en qualité de stoppeur, Lux Interior, parce qu'il aime jouer dans l'axe. Malheureusement, une petite santé et un physique fragile. Trop souvent sujet aux crampes après l'heure de jeu. Sur les flancs, Keith Richards et Sid Vicious. Deux latéraux qui partent souvent en live sur leur aile. Le premier, surnommé le « Pirate » à cause de son look, la joue régulièrement en solo et a une fâcheuse tendance à oublier ses partenaires. Le second, capitaine de l'équipe, a eu récemment forte affaire avec la justice. Des histoires de mœurs avec une certaine Nancy Lorraine, sorte de Zahia punkisante et sans morale, retrouvée sans vie au Chelsea hôtel tenu par un oligarque russe (sans morale non plus) qu'on appellera Roman afin de garder le secret de l'instruction en cours. 

Au milieu, un trio magique. Et de la mauvaise graine aussi avec Nick Cave. L'artiste de l'équipe. Un véritable soliste qui se sent pousser les ailes du désir sur le pré. Une légère tendance à jouer piano-piano depuis quelques années tout de même. Plus renfermé sur soi, et toujours dans l'ombre de ses coéquipiers, Daniel Darc. Le seul représentant de l'Hexagone, un passeur hors-pair qui cherche toujours le garçon dans la profondeur. Plus doux, plus tendre mais terriblement hooligan : Morrissey. Pas un British pour rien. Accro aux « twitts » provocateurs comme Joey Barton et quelques sorties verbales à s'en lécher les babines : « Margarita Dreyfus on the guillotine ». Rien que ça... 

Enfin, en attaque, deux ailiers dégingandés et libres comme l'air. Une question d'atmosphère pour Ian Curtis et son moral dans les chaussettes. C'est pas toujours la joie mais quelle source d'inspiration pour toute une génération. Pareil pour l'autre grand déglingué aux longs cheveux de jais. Issu d'une fausse fratrie, toujours utile en cas de pépins et/ou de coups durs en déplacement, Joey Ramone est peu à l'aise devant les caméras ou au micro de Paga. Aux questions à la con, il répond souvent par des onomatopées ou des cris de bête pour expliquer le système de jeu de l'équipe. Gabba, gabba, hey ! Qui ne saute pas, n'est pas PSG, hey ! Et sur le front de l'attaque, le renard des surfaces, toujours prêt à monter au créneau, au « clash » comme on dit dans son île natale. Joe Strummer est la caution de l'équipe. Un esprit gouailleur qui va au combat-rock. Il aurait eu des touches avec le Shakthar Donetsk , ces nouveaux riches venus de l'Est, lors du mercato. Alors, Paris brûle t-il Joe ?

FRANCE 1974.


EQUIPE de FRANCE 1974.
Debout : Marco Molitor, Jean-Pierre Adams, Marius Trésor, Alain Merchadier, Jean-Paul Bertrand-Demanes, François Bracci, Henri Michel, Patrick Revelli.
Au milieu : Pierre Repellini, Albert Vanucci, Jean-Noël Huck, Roger Jouve.
En bas : Dominique Baratelli, Serge Chiesa, Bernard Lacombe, Georges Bereta, Jean-Marc Guillou, Daniel Ravier.

IGGY POP. Eagle (of death-metal).

Iggy Pop : Dum dum boy et OGCN.

Depuis une bonne quarantaine d'années maintenant, on a plutôt pris l'habitude de voir l'Iguane se trimbaler torse poil et la bite à l'air. Rares sont les clichés où Iggy Pop daigne porter un t-shirt sur lui pour la pose devant l'œil des objectifs ou en concert. C'est la marque de fabrique du « parrain du punk ». No way, motherfucker. Et rares sont les images où ce dernier revêt un maillot de foot, d'autant qu'entre le frontman des Stooges et le ballon rond, mis à par le shoot, il n'y a à priori aucun point commun. Pourtant, à l'occasion de son « European Tour » qui s'étale sur le mois de mai 1980 et passe par l'Allemagne, la Suisse, l'Italie, l'Espagne et l'Angleterre, Iggy endosse le maillot de l'OGC Nice lorsque celui-ci s'arrête en France pour quelques dates (Montpellier, Lyon et au Palais des Sports de Paris). Sponsorisé par une marque de chaussettes au nom évocateur (Olympia, où il se produit pour la première fois le 15 mars 1991 et donne naissance au célèbre « Kiss my Blood » produit par Tim Pope), James Newell Österberg enfume ses fans malgré la fatigue nerveuse, les excès en tous genres et son rock'n'roll lifestyle. Une recrue de choix pour les Aiglons qui manquent d'énergie à l'époque, lesquels réitèrent l'exploit d'embaucher Michael Jackson, le roi de la pop, quelques années plus tard. « En rouge et noir, drapeau d'mes colères » chantait Jeanne Mas au mitan des 80's sans rien y connaître elle non plus au football ni à l'agitation qui règne dans les rangs des supporters niçois. Une horde à l'instinct animal et sauvage. Raw power is much too much. Fuck Iggy.



CRYSTAL PALACE 1969-70. By Soccer Stars.


CRYSTAL PALACE 1969-70.
En haut : Borge Thorup, Mel Blyth, John Jackson, Roger Hynd, Frank Parsons, John McCormick, Bobby Woodruff.   
Au milieu : Grorge Petchey (Coach), Cliff Jackson, Colin Taylor, Steve Kember, Tony Taylor, David Payne, Roger Hoy, Hert Head (Manager). 
Assis : Gerry Queen, John Sewell, Frank Lazarus.


BIO EXPRESS DEGRADABLE. Rachid Harkouk.

RACHID HARKOUK.
Le 15 décembre 2010, la police du Warwickshire mène une série de raids contre un vaste réseau de trafic d'armes et de drogues. Un grand coup de lessive qui touche les villes de Rugby, Nottingham et Wolverhampton. L'opération permet de mettre la main sur un véritable arsenal : fusils à canon sciés, machettes, couteaux, sabres et quelques kilos de substances illicites (cocaïne, héroïne, amphétamines, ecstasy, crack...). Onze personnes sont interpellés parmi lesquelles Rachid Harkouk, l'ancien international algérien, dont la reconversion post-football semble aussi chaotique que sa carrière sur le pré. Un parcours singulier qui faillît prendre fin avant même qu'il ne commence. C'est la vie de Rachid Harkouk. Celle d'un type en recherche (constante) de consécration et de célébrité, qu'il gagne finalement sur le tard, les mains derrière les barreaux. 

Né d'un papa algérien et d'une mère native du Yorkshire, le jeune Rachid grandit à Chelsea dans la banlieue chic de Londres. Pour occuper ses journées libres, le grand dégingandé tape dans le ballon comme la plupart des jeunes anglais, et développe quelques prédispositions naturelles. Fulham s'intéresse de près au bonhomme et lui propose un match d'essai à Craven Cottage. Harkourk éclate tout : cinq buts dans la partie. Pas assez concluant cependant, à la surprise de tous les joueurs présents ce jour-là, pour les recruteurs des « Cottagers » qui refusent de l'embaucher. Une blessure pour Rachid qui, à 16 ans à peine, quitte l'école dans la foulée avant d'entrer dans la vie active. Des jobs par-ci par-là tout en continuant à jouer au foot. Pour le plaisir, parfois le pire sans attendre le meilleur. Qui arrive comme un coup de baguette magique et grâce au coup d'oeil de Mickey Walsh. L'entraîneur de Chertsey Ville, qui navigue dans les divisions inférieures de la League, l'engage et le titularise dans l'équipe première après deux petits matches avec la réserve. Le coach a la vista. Nous sommes à la fin de l'année 1974 et quelques mois plus tard, à la clôture de la saison, Rachid Harkouk a planté quinze buts en quarante matches. Il a 19 ans et gagne £ 1.50 par semaine. Ce n'est pas encore le Pérou d'autant que son protecteur quitte le navire durant l'été pour Feltham. Pas vache, Walsh l'emmène dans ses bagages et une fois de plus, Harkouk concrétise les espoirs placés en lui. A la fin de l'exercice, Terry Venables, le coach de Crystal Palace, est séduit par les prestations de l'Anglo-Algérien qui débarque à Londres en 1976. L'année des poteaux carrés. Mais heureusement pour lui, Rachid n'a pas des pieds du même statut que les piquets de Glasgow. 

Du côté de Selhurst Park, il devient très vite la coqueluche des supporters locaux. Il y gagne même le surnom de « Rash the smash » pour sa capacité à taper dans la balle comme une mule. Les fidèles de Palace ont encore en mémoire ses frappes victorieuses, comme ce missile lancé un jour de match à Cardiff. Après une année chez les « Eagles », il est même élevé au statut de légende grâce à sa participation active à la montée du club en deuxième division. Harkouk est décisif et tisse peu à peu sa toile sur l'effectif londonien. Ses coéquipiers le surnomment d'ailleurs « Spider » à cause de sa manière de dribbler avant d'enchaîner par un tir foudroyant. A Palace, c'est la vie de château pour Rachid qui multiplie les cacahuètes des 40 mètres, à chaque fois qu'il a la balle dans les pieds le public hurle « shoot », ou encore les corners directs. « Rash the smash » met le feu aux poudres et affirme un caractère bien trempé. Au cours d'un match contre Fulham, il traverse le terrain et chope George Best par le col, coupable d'une agression sur un coéquiper qui gît au sol. « T'as vu ce que tu as fait à sa putain de jambe! » lui hurle t-il à la face avant que le cinquième beatle ne soit obligé de quitter la pelouse, remplacé par son entraîneur. Rachid Harkouk s'attaque à la Légende. Une première boulette qui en appelle une autre, extra-sportive celle-ci. Lors de sa dernière saison avec Crystal Palace (1977-78), Harkouk et un coéquipier (Barry Silkman) sont trouvés en possession d'un butin de 250.000 $ en faux billets. Il écope de neuf mois de prison avec sursis et doit quitter le club par la petite porte, sur les l'air des lampions des fans de l'équipe : « Il fait des dollars et déteste George Best... Rachid Harkouk ». Hommages. 

Un départ précipité pour QPR, de l'autre côté de la Tamise, où « Spider » peine à trouver ses marques. Deux saisons presque blanches à Loftus Road, l'enceinte des « Hoops » qui ne garde pas un souvenir impérissable du joueur à la double nationalité. Harkourk apparaît une vingtaine de fois (3 buts seulement) en deux saisons (1978-80). Un maigre bilan qui n'empêche pas les dirigeants de Notts County de l'engager au début de l'exercice 1980-81. L'autre équipe de Nottingham, qui évolue dans l'ombre du Forest de Brian Clough en seconde division, gagne sa place parmi l'élite un an après l'arrivée de l'Algérien, lequel est le héros de la rencontre décisive pour la montée en inscrivant un but contre les « Blues » de Chelsea. La magie opère encore même si Harkouk cire essentiellement le banc durant pendant la période des « Magpies » en Divison One, qui s'étale jusqu'en 1984. Puis c'est la chute libre pour Notts County qui connaît deux rétrogradations successives au mitan des 80's. « Rash the smash » quitte le club en 1986, à la vieille de la coupe du Monde au Mexique à laquelle il participe (2 matches) avec la sélection algérienne. Sans doute le fait majeur de sa carrière - il totalise quatre capes internationales seulement - terminée dans l'anonymat malgré les projecteurs du mundial mexicain. Rachid Harkouk a 30 ans, il s'installe alors pas très loin de Nottingham et gère ses affaires. Des petites entreprises qui frisent parfois avec l'illégalité. En août 2011, suite au coup de filet de la police anglaise, il est reconnu coupable de trafic de drogues par le tribunal de Birmingham et doit purger une peine de 28 mois de prison. De quoi méditer sur son statut de pionnier des joueurs d'origine algérienne à avoir foulé les pelouses du Royaume-Uni. Une autre époque.

Article publié sur FOOTBALL INTEGRAL.